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A propos de la TVA : jouerait-elle vraiment son rôle de levier économique ?

La TVA serait-elle mal connue ?

Beaucoup d’Etats l’utilisent pour remplir autant que possible les caisses du Trésor, comme faisant feu de tout bois, surtout les états africains, alors que ce rôle n’est pas vraiment exclusivement celui de la TVA.

Cette taxe est destinée à veiller sur une bonne structure de l’économie.

D’ailleurs, même les droits de douane ont le même rôle.

La TVA est la Taxe sur la Valeur Ajoutée.

Qu’est-ce qu’une valeur ajoutée ?

Eh bien si l’on prend l’exemple du menuisier qui achète un tronc d’arbre chez le bûcheron, l’équarrie, et fabrique avec une table , on peut dire qu’il lui a donné une valeur qui augmente son coût. (Bien entendu, il faut tenir compte de la préservation de la forêt en plantant). En s’enrichissant de cette valeur ajoutée, ce menuisier a en même temps enrichi le pays. Il a introduit une valeur ajoutée dans le pays. En réalité, il a fait de la croissance et a augmenté le PIB du pays. Si l’on estime cette valeur monétairement, le pays a alors le droit d’augmenter sa masse monétaire d’un montant égal, sans inflation, ceci étant valable tant que la table existera.

Par contre, le commerçant qui achète une table importée, pour la revendre en l’état dans le pays, ne lui a pas donné de valeur. Il n’a pas augmenté la valeur ajoutée du pays.

L’on peut constater d’ailleurs que ce menuisier s’est donné du travail, et en a également créé pour le commerçant qui va vendre la table, sans compter ceux qui l’on aidé à la fabriquer.

Si beaucoup de gens faisaient comme lui dans d’autres domaines comme l’agriculture, la pêche, l’élevage, et les mines, il y aurait une vraie croissance dans le pays et beaucoup d’emplois.

C’est la raison pour laquelle, pour encourager cette croissance, la TVA va constituer un outil précieux.

La table de ce menuisier fera l’objet d’une TVA nulle ou presque. Tandis que la table de ce commerçant va faire l’objet d’une TVA à un taux élevé, assez dissuasif pour le pousser à étendre ses activités dans la création de valeur ajoutée.  Une stratification des taux sera faite entre les extrêmes.

Cette TVA doit ainsi  jouer un rôle de levier, cherchant à amener la population à créer de la valeur ajoutée, et par conséquent des emplois dans le pays. En effet, ceci constitue un moyen beaucoup plus pragmatique pour pousser les gens à entreprendre, et donc lutter réellement contre le chômage.

Ceci doit être bien compris, avec une bonne information de la population, de façon à tendre vers une économie du pays bien structurée. Dès lors, les activités pourraient se développer d’une manière harmonieuse et converger vers une vraie croissance du PIB.

On comprend alors mal le fait que certains pays africains aillent jusqu’à uniformiser cette TVA, dans toute une communauté, en appliquant un taux quasi unique, sans distinction, sur tous les produits.

Celui qui crée de la valeur ajoutée, devrait-il être apprécié de la même façon que celui qui n’en crée pas ?

Cette TVA aurait-elle alors un sens ? Pourrait-elle alors jouer le rôle de levier qui lui est dévolu ?

Quant aux droits de douane, ils jouent le même rôle en essayant de dissuader ceux qui se contentent d’importer des produits finis de l’étranger, et en favorisant ceux qui augmentent la production interne du pays par la fabrication et l’exportation, ce qui devrait favoriser une balance des paiements évoluant positivement.

Les caisses du Trésor seraient alors durablement et solidement mieux remplies, car les activités internes vont pouvoir grossir harmonieusement, dans une bonne solidarité économique, et de ce fait, enrichir aussi bien l’Etat que la population, qui aura suffisamment de revenus pour payer ensuite l’impôt. Car il convient de savoir que c’est la population qui alimente l’Etat. Dès que la population s’appauvrit, l’Etat risque de faire également pareil, ce qui pourrait pousser ce dernier à dépendre forcément de l’extérieur, avec des dettes pénibles, dans une spirale dont il sera difficile de se départir.

Autant donc penser à bâtir une économie bien structurée, avec une TVA qui joue un vrai rôle de levier, pour la création de valeur ajoutée et d’emplois.

Leviers Economiques et Facteurs de production

Qu’est-ce qu’un levier ?

Le terme est mécanique. Physiquement, pour soulever une grande force, il faut lui appliquer une force plus grande. Cela est évident, à priori.

Mais grâce à un levier, qui est un outil mécanique, on peut lui appliquer une force plus faible et la soulever sans difficulté.

Plus la force à appliquer avec le levier sera faible, pour soulever cette grande force, plus le levier sera performant. Ceux qui ont appris de la physique au lycée le savent.

Eh bien, il y a une analogie en économie.

L’exemple le plus simple est que vous pouvez vendre un produit à un certain prix, et obtenir un certain chiffre d’affaire, en en écoulant une certaine quantité. Mais il se peut qu’en baissant le prix, tout en veillant à ce que votre marge soit toujours positive, vous écouliez une quantité plus élevée dont le chiffre d’affaire sera plus élevé que dans le premier cas. Vous avez ainsi permis à vos anciens acquéreurs de mieux s’équiper (en pouvant acheter plus), et à une autre catégorie qui ne pouvait acheter avec l’ancien prix, de le faire avec le nouveau prix.

Eh bien, vous avez fait usage de ce levier qu’est la baisse de votre prix unitaire.

Mais on peut observer le phénomène sur un plan beaucoup vaste, à savoir au plan macro-économique, et de manière indirecte.

Il convient de savoir que dans les produits objet de transaction dans un pays, il y en a qui produisent de la richesse et d’autres qui en consomment. Parmi ces derniers, il y a ceux qu’on appelle des facteurs de production. Pourquoi ? Parce qu’ils constituent des ingrédients indispensables qui permettent aux autres secteurs de fonctionner. C’est le cas de l’électricité, du téléphone, de l’eau, des hydrocarbures, du transport de masse, etc.…, et maintenant de l’internet. Ces éléments ne peuvent manquer dans un pays, même si on doit les importer. Certaines taxes font aussi partie des facteurs de production.

Quand le coût de ces facteurs de production baisse, l’entrepreneur producteur de richesses devient plus courageux et produit plus.  A titre d’exemple, un entrepreneur évoluant dans la pêche, et devant conserver ses poissons, peut augmenter son stock, pour l’exportation, suite à une baisse de l’électricité. De même, celui qui évolue dans le plastique peut aussi augmenter sa production d’ustensiles (bassines, seaux, etc. …) pour l’export. Il peut toucher d’autres couches de la population locale, moins favorisées. L’entrepreneur peut même être amené à augmenter ses moyens de production. Ceci entraîne de nouveaux emplois et augmente le PIB (Produit Intérieur Brut) qui, en principe, mesure l’enrichissement du pays.

De même, l’entrepreneur aspirant qui avait peur d’entrer dans le système, faute de moyens suffisants, va aussi avoir le courage de s’en mêler, ce qui, à la longue, fait que le PIB va beaucoup augmenter. On peut, par une vue de l’esprit, percevoir le schéma de fonctionnement de ce système, qui évolue en inverse. En principe, quand les facteurs de production baissent, le PIB augmente. A l’opposé, quand les facteurs de production augmentent leurs coûts, on peut s’attendre à une baisse du PIB ou à des difficultés. Car, des entrepreneurs peuvent être amenés à se décourager et à fermer. Bien entendu, la fonction n’est pas absolument linéaire, et doit faire l’objet d’une surveillance ; et il convient de veiller à ce qu’il n’y ait pas de gaspillage.

Eh bien voilà donc que la baisse des facteurs de production constitue un levier puissant pour le développement économique d’un pays.

Ceci est connu depuis longtemps, à priori, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les sortants de cette guerre ont ainsi connu un développement fulgurant, que le plan Marshall tout court n’aurait pas permis. Ils l’ont peut-être découvert en remarquant l’importance des moyens logistiques dont ils avaient souvent besoin à l’époque, et qui coïncident avec ces facteurs de production.

On peut constater que ces facteurs de production sont en général des utilités publiques. C’est-à-dire des produits ou services dont toute la population a besoin, et à priori, de manière indispensable, pour participer au développement économique du pays. Ce sont des armes pour le développement. C’est ainsi que des législateurs, vrais hommes d’état, iront même jusqu’à instituer que faire des bénéfices sur de tels éléments est immoral. Toutefois, des réserves pour aléas pourront être tolérées.

Ainsi, l’efficacité de ce levier a été poussée au point que ces facteurs de production devaient être servis à la population au moindre coût. Mieux, certains étaient même subventionnés.

L’on constatera alors, qu’en moins de quinze ans, ces pays, auparavant meurtris par la guerre, ont rattrapé leur retard.

Mais cela semble oublié, suite à ce vaste phénomène de désolidarisation et de dispersion des secteurs économiques, où l’on prône une privatisation aveugle, étrangère en plus,  donnant lieu à une atmosphère de turbulence où tout le monde semble perdre le nord. Chacun revendique une croissance que la population ne sent pas vraiment sur son niveau de vie.

Il est donc question d’un réexamen de la situation, pour mieux percevoir les disfonctionnements, et mieux s’organiser en vue d’une meilleure restructuration de l’économie.