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Quelle position vis-à-vis d’Auchan ?

  1. Introduction

Les sénégalais semblent partagés sur le sort à accorder à Auchan.

Certains grands commerçants sénégalais considèrent qu’il prend le bénéfice qu’ils auraient du gagner, et militent contre son installation au Sénégal.

Or, d’autres sénégalais clients, qui trouvent leur compte dans cette installation, du fait des ses prix abordables ainsi que de l’hygiène qui y est plus surveillé, considèrent qu’il est bon pour le pays.

Cette vision manifestement différente de part et d’autre, dénote cependant un caractère commun, celui de se focaliser sur un intérêt propre, parfois aveugle.

Il convient de savoir qu’un pays doit faire l’objet d’une culture patriotique, visant un intérêt général.

Cependant, de part et d’autre, l’on croira être dans une telle vision, dans une certaine culture démocratique, faisant référence à la loi du grand nombre, autrement dit à une bataille. Or, une telle loi devrait reposer sur une certaine égalité des connaissances, alors que ceux qui ne savent pas sont en général plus nombreux.

La vraie démocratie devrait donc reposer sur un maximum de bienfaits, embrassant la majeure partie de la population, sans préjudice grave pour les autres.

Il est donc question d’une clarification pour un meilleur choix patriotique.

2. Indépendance

Les négociations pour l’indépendance du Sénégal ont certainement concerné le côté politique, mais aussi le côté économique sur lequel repose tout autre développement.

Le développement économique d’un pays devrait être vraisemblablement celui de sa population. Autrement dit, sa population devrait être riche et détenir les moyens de production, de transformation et de distribution.

L’Etat ne devrait que se limiter à la surveillance de l’équité et du bon fonctionnement du système. Il pourrait ensuite récupérer ses impôts et taxes et devrait pouvoir vivre avec.

3. Un moyen de développer le secteur privé

En fait, il est important de savoir qu’un Etat ne devrait pas s’occuper de la production, ni de la transformation, ni de la distribution des biens et services, sauf pour les utilités publiques (Electricité, Téléphone et Autres moyens de télécommunication de masse, Eau, Transport de masse et similaires).

Toutefois, l’Etat pourrait les amorcer pour les transférer ensuite au secteur privé local, surtout en cas d’environnement économique précaire, comme au Sénégal.

Dans ce cadre, l’Etat du Sénégal a eu à mettre en place la SONADIS (Société Nationale de Distribution), anciennement « Chaine Avion ». Peut-être que cela s’est fait sur la base de bons conseils reçus, et qu’il fallait parfaire en connaissance de cause.

Qu’en a-t-il été ?

Et pourtant, une telle société aurait pu aujourd’hui avoir l’allure d’Auchan, tout en étant détenue par une large partie de la population sénégalaise. Mieux, elle aurait du faire l’objet de plusieurs sociétés se faisant concurrence.

C’est dans ce sens que l’Etat du Sénégal aurait récupéré les industries détenues auparavant par des intérêts  français qui ne voulaient pas devenir sénégalais, comme dans le domaine de l’huilerie par exemple.

Pourquoi ?

Pourtant, ces industries avaient créé des emplois dont bénéficiaient, en majeure partie, des Sénégalais.

Cependant, la majeure partie des bénéfices restait détenue par la partie étrangère. Et ceci devait faire l’objet d’une correction. Autrement, ce serait une hémorragie évacuant la richesse financière du pays vers l’étranger. C’était donc dans la logique des choses, dans un accord entre gentlemen.

Une détention entière par des mains sénégalaises devait faire l’affaire, et garantir un maintien des devises dans le pays.

Qui doit exécuter cette tâche ?

Vraisemblablement l’Etat.

Il convient cependant que cela soit fait par des mains à la fois expertes et patriotiques.

Un bon choix d’investisseur bénéfique pour le pays, ne devrait pas favoriser un rapatriement incontrôlé des bénéfices vers l’extérieur. Cela ruine le pays malgré tous ses efforts inlassables, surtout du côté du secteur primaire.

Or, il semble qu’Auchan entre dans ce cadre.

C’est la raison pour laquelle, des normes doivent être mises en place pour le choix de ces investisseurs, avec une large information de la population qui devrait pouvoir aider, eu égard au fait que l’expertise peut faire défaut du côté de l’Etat.

Il convient aussi de constater que l’ignorance de la majeure partie des Sénégalais rend difficile une telle opération, et donne plutôt faveur à l’individualisme de ceux qui doivent exécuter cette tâche, et qui pourraient préférer œuvrer dans l’obscurité, surtout vis-à-vis de la population.

Bien entendu, l’égoïsme humain peut dominer, au point d’une appropriation personnelle, par le biais d’une position dans la hiérarchie de l’autorité étatique. Et pourquoi pas, une intermédiation des nouveaux gestionnaires même privés, pourrait achever le processus, ceci pouvant se passer d’une manière anonyme. Une population à majorité analphabète pourrait n’y rien comprendre, et pourrait même tomber dans la partisannerie, dans un soutien d’ordre politique,  ethnique ou autre, plutôt aveugle, pouvant même arguer une certaine légitimité.

Or, l’Etat, après avoir récupéré ces industries qui devraient être privées, aurait du les transférer à la population, par le biais d’actions à vendre à la population, avec le maximum de transparence.

Normalement ces industries récupérées auraient du être la propriété de tous les Sénégalais.

Mais à qui a profité la SONACOS ?

Une huilerie fait partie de la catégorie de ces sociétés qui doivent être entre des mains privées. Mais il convenait qu’au préalable, cette SONACOS fasse l’objet d’une séparation en différentes huileries, ceci faisant jouer la concurrence entre elles, comme ce fut le cas auparavant avec Lesieur, Petersen, Lyndiane ….

Chaque sénégalais aurait pu avoir une part dans les sociétés qui en résulteraient, surtout le monde paysan, tout en souhaitant que cela soit durable.

Il conviendrait ainsi qu’Auchan donne des parts aux sénégalais, avec un rapatriement suffisamment contrôlé de ses parts de bénéfices, dans une proportion raisonnable, sans dépassement d’un certain pourcentage.

Il convient aussi que l’Etat amorce d’autres sociétés similaires qui doivent être fondamentalement privées, pour se retirer après, en vendant ses parts à la population, mais toutefois, tout en restant vigilant et impartial, pour que personne ne soit lésé.

Personne n’a le droit de s’approprier un bien appartenant au peuple, même si ce dernier est dans l’ignorance.

Qu’en a-t-il été des sociétés de tissage comme SOTIBA SIMPAFRIC, ICOTAF etc.. ?

Qu’en a-t-il été des Chemins de Fer du Dakar Niger (DN) ?

Qu’en est-il de la SERAS ?

Qu’en est-il des ICS ?

Etc…

4. Conclusion

N’est-il pas temps que de telles sociétés fassent l’objet de plus de transparence pour la population ?

N’est-il pas temps que de telles sociétés qui constituent le fondement d’un vrai développement soient constituées en actions au profit de tous les sénégalais ?

Par ailleurs, il est vrai que l’initiative individuelle sénégalaise devrait être une solution.

Qu’est-ce qui empêche l’UNACOIS d’en faire usage comme aurait fait Auchan ?

Mais en a-t-elle la culture ?

Que fait l’Etat pour favoriser de telles initiatives ?

L’Etat y met-il toute la persévérance requise, eu égard à la faiblesse de l’instruction et de l’information au niveau des acteurs, à leur degré d’ignorance, ainsi qu’à un environnement administratif vulnérable, face à l’éventualité d’une mauvaise gouvernance ?

A propos d’Urbanisme

A propos d’Urbanisme

Les services de l’Urbanisme au Sénégal respectent-ils leurs obligations ?

 

      I.          Ne sont –ils pas chargés de veiller:

a.     à ce que  les maisons soient bien construites suivant des types appropriés dans chaque zone ?
b.    à ce que  les maisons soient bien construites suivant des normes de sécurité satisfaisantes, à savoir dans chaque zone les normes relatives aux matériaux à y mettre en œuvre sur les plans :
·       choix et dimensionnement des matériaux
·       dispositions à prendre telles que :
a/ enrobage déterminant l’épaisseur de la couche de béton couvrant le fer de l’extérieur, surtout en bordure de mer
  b/ dosage du ciment, du sable, du béton et de l’eau
  c/ épaisseur des poteaux et des poutres
    d/ etc.…

   II.       Ne sont –ils pas chargés de veiller :

a.     à ce que  les maisons soient bien alignées ?

Vue de Google Street V1.
Clic pour une vue plus large

 

b.    à ce que  les espaces verts soient en harmonie avec les types de construction et bien disposés ?

Vue de Google Street V2.
Clic pour une vue plus large

 III.          Ne sont –ils pas chargés de veiller :

a.     à ce que  les emprises soient respectées par rapport aux routes ?

b.    à ce que  l’assainissement des routes soit respecté en saisissant les autres services concernés ?

c.     à ce que  l’entretien des routes soit respecté ?

d.    à ce que  les lignes électriques et téléphoniques soient bien disposées et respectent les alignements de la zone ?

e.     à ce que  l’on évite de construire sous les lignes électriques et téléphoniques et que les arbres soient bien alignés et élagués si requis ?

f.      à ce que  l’on évite de construire dans les zones d’eau et que l’on prévoie leur évacuation en cas de crue ?

 IV.          Dans le cadre d’un bon fonctionnement de la cité :

 

Il conviendrait que ces services de l’urbanisme fassent l’effort de reconnaître leurs obligations et de les respecter, sans chercher à les fuir.

 

 

 

Cambérène : Echos du Village

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Entretien avec Mame Amadou SAMBA, Maire de la commune de Cambérène

Cambérène est un villages parmi ceux dits traditionnels de la région de Dakar.

Il jouit d’une certaine notoriété de par sa particularité relative à certaines qualités connues de ses habitants, en général accueillants, généreux et disciplinés, sous la conduite d’un Guide religieux issu de la famille fondatrice, celle de Mame LIMAMOULAYE.

Le village s’agrandit et accueille de plus en plus d’habitants et devrait se doter d’infrastructures conformes à ses préoccupations.

Le maire actuel , Monsieur Mame Amadou SAMBA répond ici aux questions relatives à certaines de ces préoccupations.

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Après un état des lieux de la route Ndiaga Mbaye, nous avons constaté que cette dernière souffre d’entretien, en témoigne le niveau élevé de sable qui la recouvre et les nids de poules qui sont en train de se former, quelle lecture en faites-vous ?

La route Ndiaga Mbaye n’est pas une route réglementaire, elle est très étroite par endroits, il n’y a pas de trottoirs, les goudrons riment avec le sable. Il y a 2ans, l’Ageroute la retapée, et devait y faire des trottoirs. Ce qui est impossible,  selon l’entreprise,  vu l’étroitesse de cette route, car, il y a des endroits où elle ne fait même pas 5mètres de largeur.

Pour l’entretien ?

C’était régulier, son entretien,  avant l’acte III  de la décentralisation, mais depuis sa mise en place nous peinons à payer nos salaires, nous peinons investir et à recruter  ce qui fait que la plupart des secteurs d’activités ont été laissés en rade en attendant des lendemains meilleurs pour s’en occuper.

Et quelles solutions proposez-vous ?

Il n y a pas de solutions temporaire, c’est la mairie qui devait faire ce travail, c’est-à-dire balayer, nettoyer, désensabler, mais vu le manque de moyen pour payer les gens à le faire, nous ne pouvons qu’attendre. Même pour regrouper les ASC et les intéresser ça pose problème à moins que les gens le fassent bénévolement sinon au niveau de la mairie la solution tarde à venir faute de moyen financier et technique.

En effet, on avait tenté, il y a 2ans d’élargir la route  mais nous étions confronté à de nombreux  problèmes parce que par endroit c’était très étroit.  Les gens ont construit en empiétant sur la route, c’était bien avant notre magistère, on les a laissés faire, maintenant c’est des salons, des toilettes, des cuisines, on était prêt à tout démolir mais ça a causé un tollé et les autorités religieuses et coutumières  nous demandés de cesser tous travaux.

 

 

 

C’est avec l’hivernage que nous constatons le plus les défauts de réalisation de cette route. On peut noter en particulier que le point bas qui devait recevoir les eaux de pluie n’est plus fonctionnel, alors quelles sont les actions qu’envisage la mairie pour pallier à ce mal, outre l’usage d’une pompe électrique ?

Le point bas fonctionne, c’est seulement on a tardé à utiliser la pompe électrique, nous avons même recruté des personnes pour veiller  sur les enfants afin qu’ils ne jouent aux alentours à cause du courant et vérifier à  toujours le mettre en marche si l’eau stagne. Cette année-ci, nous avons  eu moins de problèmes. La mairie dispose  aussi d’une citerne hydro- cureur acheté depuis 2010, l’Etat nous aidait  avec du carburant, mais cette année, nous n’avons rien reçu.

Mais à chaque fois qu’il pleut l’hydro- cureur passe  dans les 24 heures à la limite dans les 48 heures. Il tarde dès fois, parce qu’il n ya pas seulement  la route Ndiaga  Mbaye qui stagne il existe d’autres zones à Cambérène.

 Venons-en à l’électricité M. le maire, dans votre localité, on note beaucoup de coupures intempestives au moins une fois par jour, en plus, au niveau de l’éclairage public, les lampes fonctionnent par intermittence, pour vous, cela est dû à quoi et qu’est-ce que vous comptez faire  pour y remédier ? 

Cambérène est l’une des communes les mieux éclairés de Dakar. Pourquoi cela, non seulement le directeur  de la société qui s’occupe de l’entretien des lampes habite Cambérène mais, on profite aussi des évènements religieux comme l’Appel pour massifier l’éclairage publique  et changer les ampoules.  Il y a l’équipe de la Senelec qui veille en plus de celle qui est chargée de l’entretien envoyé par la ville de Dakar.

Pour certaines lampes qui fonctionnent par intermittence,  je crois que c’est la brise de la mer ou quelque chose de ce genre. Si toutefois, c’est une panne constante nous attendons d’en regrouper  plusieurs et payer une  prestation à la fois. Sinon, cela va nous couter cher et nous n’avons plus les moyens.

Les coupures intempestives ?

En ce qu’il s’agit des coupures, ça incombe à la Senelec, mais, il faut dire en ce moment, ils sont en train d’étendre leurs réseaux à Cambérène, au niveau des quartiers Peul II et Diameguène. Peut-être que c’est à cause de cela.

 

  A Cambérène, « on manque de  réseau », c’est du moins, l’avis et le constat amer que les habitants ont fait concernant les lignes de téléphonies, notamment expresso qui est extrêmement faible. Selon vous, quelles en sont les causes et est-ce que la mairie entreprend de faire des actions dans ce domaine ?

C’est la première fois que j’entends cela, je n’ai pas été confronté à un problème de réseaux. C’est vrai que je n’utilise pas particulièrement  le réseau expresso, mais si j’en reçois de ces plaintes plusieurs,  j’avoue que je vais m’approcher de cet opérateur  pour savoir de quoi il en retourne. Mais à mon humble avis, je pense que  ce sont les opérateurs de téléphonie qui doivent  faire des efforts d’investissement pour soutenir la concurrence.

Un problème chronique à Cambérène, c’est le manque cruel d’eau. Et ceci à des heures bien définies, le matin vers 07 heures et le vendredi vers 13heures lorsque l’on se prépare pour la mosquée.  Le plus grave dans ce manque d’eau, c’est qu’elle frappe aussi le centre de santé, alors une telle situation lors d’un accouchement ne frôle-t-elle pas  une  catastrophe ? Et  sur ces cas précis qu’est-ce que la mairie envisage de faire pour abréger la souffrance des populations ?

C’est la première fois aussi que j’entends que Cambérène est confronté à des problèmes d’eau. Les demandes que je reçois souvent viennent  des gens qui veulent que le réseau d’eau arrive chez eux et demandent l’autorisation du maire pour que les canaux  passent au milieu de la route. Mais la plupart du temps, je dis niet,  car, l’entreprise exploitant refuse de prendre ses responsabilités pour réparer les dégâts après.

Mais comme ce problème existe,  je propose que les gens fassent une pétition, après je me proposerai volontiers  de remonter l’information à qui de droit. En ce qui concerne le centre de santé aussi,  je ne suis pas au courant qu’il est confronté à un manque d’eau mais rassurez-vous,  je  ne manquerai pas de  me renseigner sur ce domaine.

 Nous allons rester sur le centre de santé, il manque d’équipements adéquats et le plateau technique reste très faible par rapport à la moyenne, récemment  il a refusé l’accès à un homme violemment poignardé faute de soins convenables. Alors  ne ressentez-vous pas l’urgente nécessité d’y apporter des solutions ?

La santé est transférée à la commune et si la commune n’a pas de moyens,  cela va se répercuter sur la qualité de service. La mairie subventionnait en médicaments le centre de santé, mais maintenant on ne peut plus le faire. De plus l’ambulance est en panne, elle est vieille. On se bat, on tape à toutes les portes pour trouver une aide ou une solution.

Est-ce que l’acte III de la décentralisation vous avantage ?

Sur le plan financier, pas du tout,  car, avant l’acte III, la mairie  était à 2million 500mille francs de salaire mensuel, on était la première commune de Dakar à payer nos salaires. Mais depuis sa  venue, on nous affecté 50 agents avec une masse salariale de 15 millions  et les fonds de dotations annuels  ne font même pas 50 millions.

Imaginez 15millions par mois pendant 12mois ça fait plus de 150 millions. Avant l’acte III, la ville de Dakar nous donnait un fonds de dotations de plus de 120 millions avec des salaires de 2,5 millions. Mais aujourd’hui, l’Etat nous donne 50 millions avec des charges de 15 millions. Vous voyez la différence, si on paye trois mois de salaires, c’est fini.

Si à chaque fois, l’Etat viens à la rescousse pour payer nos salaires, c’est qu’il y a beaucoup à faire à Cambérène.  Le mois d’octobre,  on l’a payé au 14 du mois de novembre, le fonds de dotations on l’a épuisé depuis longtemps. A part ce souci, nous sommes d’accord avec l’acte III, c’est un processus en cours, il faudrait tout simplement que l’Etat nous accompagne.

Avez – vous pensé à baisser la masse salariale ?

On nous a imposé les 15millions de salaires, de plus ce n’est même pas nous qui recrutons, ce personnel  qui est là, présentement,  vient de la ville de Dakar.  Parce que, si cela était de notre ressort, on ne se créerait pas des problèmes inutilement. C’est nous, maires, qui devons maintenant, nous débrouiller pour trouver et remplacer ce gap ; et on ne peut même pas avoir 100 000 Francs CFA par jour à Cambérène, là où des communes ont plus de 800.000 francs CFA par jour.

Et pourquoi ?

Il n y a pas tout simplement des structures marchandes à Cambérène, on a qu’un petit marché qui ne sort même pas 20.000 francs par jour. Actuellement, nous sommes en pourparlers avec les autorités étatiques pour qu’ils nous refassent le marché, pour que la commune puisse être  viable, et qu’on puisse avoir des ressources. Cela aiderait, en même temps, les femmes à avoir une activité marchande. Sinon,  Cambérène n’a pas de ressource, la patente  de la commune  qui va directement aux trésors ne fait même pas 7 millions. En plus, ici, les gens ne payent pas l’impôt. Mais cela ne nous incombe pas. Car c’est le travail de l’Etat,  de recueillir  et fixer les assiettes. La mairie n’a pas les moyens matériels et financiers pour le faire.

A part cela comment faire pour que la commune génère de l’argent ?

Les autorisations de construire,  on peut  en retirer beaucoup de profit.  Mais on n’est confronté à des problèmes d’actes administratifs. Pour  l’autorisation de construire,  la pièce essentielle, c’est le titre foncier ou le bail. Or, à Cambérène, il n y a pas de titre foncier. Il existe un seul titre foncier. Et il est  entre les mains du Marabout. Nous sommes dans une cité traditionnelle religieuse, le pouvoir maraboutique y a une grande influence.

Quelles sont les actes posés par la mairie pour pallier à cela ?

Plusieurs fois,  j’ai été voir, au niveau de la direction de l’urbanisme et de l’habitat,   pour leur expliquer la situation et  proposer des papiers équivalents au titre foncier ou aux baux, mais ça n’a pas abouti. Et nous perdons toutes ces recettes qui auraient pu découler de cette opération. Pour l’instant nous sommes aussi en pourparlers avec les autorités religieuses et coutumières pour qu’elles acceptent de céder les titres fonciers. Et l’administration est prête à nous accompagner pour que chaque propriétaire puisse avoir un titre foncier individuel.

Une dernière question, quels sont les projets d’avenirs de la mairie concernant le village de Cambérène ?

La commune a des projets,  nous avons  deux écoles en construction. Il y a le marché que l’Agetip va refaire. Le terrain de football  va être réhabilité. Un programme d’assainissement de Cambérène est en cours. Nous disposons de 4 milliards venant de l’Etat pour ce travail. Les études sont en train d’être faites. Bientôt nous allons faire l’assemblée générale de l’étude d’impact environnemental, et d’ici la fin de l’année, les travaux pourront démarrer.  Et, à la fin de ces travaux, la commune n’aura plus des problèmes d’inondations et nous aurons encore moins besoin d’utiliser une pompe électrique.

Il y a  également, la VDN (Voie de Dégagement Nord) qui va passer par Cambérène. C’est une nouvelle opportunité, et Cambérène  sera desservi en infrastructure routière, car en plus, les routes seront refaites.  Ceci permettrait à Cambérène d’être un carrefour entre le département de Dakar, Guédiawaye, Pikine et Rufisque ; Ceci lui permettrait surement de gagner davantage avec les trafics qui y seront plus denses.  Nous nous préparons déjà  à cela, afin de rendre la commune viable économiquement et socialement pour que chacun puisse s’épanouir et faire en sorte que Cambérène puisse émerger à l’instar du plan Sénégal émergent.

A propos de SUNEOR : Les erreurs de la privatisation

Suite à des erreurs de gestion dans certains secteurs ayant un caractère de service public, des bailleurs de fonds puissants comme la Banque Mondiale et le FMI ont fortement suggéré à certains pays d’Afrique comme le Sénégal, de les privatiser.

C’est ainsi que des secteurs d’utilité publique comme la distribution d’énergie électrique et le téléphone, qui ne devraient fondamentalement pas être privatisés, n’ont pas échappé.

Cependant, il pourrait en être autrement pour un secteur comme l’arachide. Ce dernier peut bien avoir un caractère d’utilité publique, eu égard à sa position dans les activités économiques du pays dont il constitue la principale vraie source naturelle de richesse, réelle, intéressant la quasi-totalité de la population. Ceci lui confère la nécessité d’être surveillé, sur les plans production et coût.

Mais il doit être entre des mains privées.

L’on peut constater qu’au temps colonial, ainsi qu’au début des indépendances, le principal secteur dérivé de l’arachide faisait l’objet d’une forte concurrence, d’une part entre des huiliers privés étrangers qui faisaient également d’autres produits comme le savon et les tourteaux, et d’autre part, entre des traitants qui procédaient à l’achat des graines auprès des paysans.

Cette activité donnait une forte valeur ajoutée à l’arachide, et contribuait certainement à la formation du PIB (Produit Intérieur Brut) du pays, en faisant l’objet de beaucoup d’emplois auprès de la population.

C’est suite à la reprise de ce secteur par l’Etat, que tout a été concentré entre les mains de ce dernier, qui en a fait un groupe sous le nom de la SONACOS (Société Nationale des Oléagineux du Sénégal). Ce groupe était composé des différents sites suivants :

  1. Le site de Bel Air (ancien Lesieur)
  2. Le site de Petersen
  3. Le site de Diourbel (SEIB)
  4. Le site de kaolack (SODEC Lyndiane)
  5. Le site de Ziguinchor (SEIC Ziguinchor)

Bien entendu, au moment où des secteurs fondamentalement reconnus d’utilité publique sont privatisés, il ne pouvait en être autrement pour cette activité, à priori, pour plus d’efficience. Ceci étant par ailleurs nécessité par la mauvaise gestion, plutôt politique, que risque l’administration étatique en général.

Il convenait alors, tout simplement, de retourner au schéma de départ. Ces différents sites devaient alors être attribués séparément à des privés qui devaient se faire la concurrence comme avant. Et tout aurait du rentrer dans l’ordre.

Mais cette erreur évidente consistant à remplacer l’Etat par un seul privé, en mettant entre les mains de ce dernier un monopole, n’a pas tardé à se faire remarquer.

On ne met jamais un monopole entre les mains d’un privé. Ceci constitue une leçon que tout politicien patriotique doit connaître et respecter.

Il convient donc tout simplement de retourner à la case de départ, comme au temps colonial, en installant la concurrence entre plusieurs privés.

Mieux, il y a lieu de noter, toutefois, que parmi ces privés devraient figurer, en bonne place, les paysans de chaque région, qui devraient se regrouper en coopératives, avec une participation, sous forme d’actions, dans l’administration de ce secteur, dérivé de l’arachide. D’ailleurs, par le biais d’actions, tous les sénégalais devraient pouvoir participer dans le capital.

Enfin le patrimoine doit rester celui l’Etat, pour ne pas tomber entre des mains cupides, avides de gains égoïstes, se focalisant sur une éventuelle revente du foncier ou du matériel.

L’arachide constitue une richesse fondamentale du Sénégal, que les ignorants du secteur ne devraient pas arbitrer. Les produits dérivés de ce dernier sont nombreux et devraient pouvoir faire renaître et relancer l’industrie sénégalaise. Il est peut être bon de savoir que de tels produits ont contribué à bâtir un pays comme les Etats Unis d’Amérique et le soutiennent encore. Pourquoi, ne devrait-il pas alors, en être de même au Sénégal, qui fut à un moment donné le premier producteur mondial d’arachide ?

Pourquoi cela ne devrait-il pas être étendu dans toutes les parties potentielles de l’Afrique ?

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