A propos des violences en Afrique du Sud

Quand un mal se présente, nécessairement il convient tout d’abord d’en chercher les racines profondes pour l’éradiquer.

Ces violences xénophobes en Afrique du sud doivent subir un tel diagnostic.

Si des natifs de ce pays ne trouvent pas de travail, tout en étant dans l’obligation de vivre, alors que des étrangers comme eux, en trouvent plus facilement, des questions pourraient être soulevées.

Si des réponses inadéquates sont données, des réactions inattendues pourraient en découler.

Devant un employeur, il est évident qu’un prétendant qualifié aura plus de chance qu’un non qualifié. De même un prétendant plus modeste aura plus de chance qu’un ambitieux.

  • Est-ce que cette population sud africaine a eu l’éducation requise ?
  • Est-ce qu’elle est suffisamment alphabétisée ?
  • Est-ce qu’elle a reçu une instruction civique, éthique, morale et religieuse suffisante ?
  • Est-ce qu’elle a reçu une formation technique ou générale suffisante ?

Si la réponse est « non » à l’une de ces questions, la qualification peut-être problématique, au point de privilégier celui dont la réponse sera « oui ».

A qui la faute ?

En partie aux parents, mais surtout à l’Etat.

Qu’est-ce que l’Etat ?

L’Etat est tout simplement le bras droit de la population pour mener à bien les activités permettant de satisfaire les besoins premiers de cette population, en tant qu’outils de travail.

Ces besoins premiers sont :

  • La sécurité
  • L’éducation
  • La santé
  • Les infrastructures de base que sont :
    • L’accès à l’eau potable et à l’eau de travail
    • L’accès à l’électricité
    • L’accès au téléphone, et aujourd’hui à l’internet
    • L’accès aux moyens de transport

Un Etat doit être en mesure d’assurer ces points fondamentaux à sa population.

En revanche, une population suffisamment dotée de ces moyens, devrait être en mesure de trouver du travail, et payer des impôts, pour la pérennité du système.

En effet, dans un tel contexte, ceux qui seront dotés d’une meilleure éducation seront en mesure de créer du travail et entraîner les autres. Bien entendu, il s’y greffe un aspect relatif au don inné, que certains auront par rapport à d’autres.

Tout compte fait, le contexte sera tel que le milieu sera suffisamment fécond, pour qu’il y ait souvent de la créativité et donc du travail.

Il convient donc que les dirigeants africains ne se contentent pas de considérer leur nomination à la tête des Etats comme des privilèges, mais plutôt comme une charge. Ils devraient savoir que les avantages dont ils bénéficient ne sont pas gratuits. En retour, ils doivent savoir que les besoins premiers énumérés ci-dessus constituent des obligations auxquelles ils doivent faire face en permanence. Ils doivent être jugés particulièrement sur les résultats de leur politique, relatifs à la satisfaction de ces besoins premiers, qui se répercutent systématiquement sur le chômage de la population.

Ce chômage doit régulièrement être analysé par l’Etat, pour des mesures menant à sa baisse autant que possible.

C’est ainsi que l’Union Africaine devrait se réorganiser pour établir un tableau de bord par lequel, on surveillerait les performances de chaque Etat, dans l’atteinte d’objectifs qu’on aura fixés pour chacun des ces besoins premiers.  Ces objectifs seront améliorés au fur et à mesure que l’on constatera du développement.

C’est ainsi que, par rapport à la population, les indicateurs suivants devront entre autres, être  surveillés en permanence :

  • Pour la sécurité :
    • Pourcentage de policiers et de gendarmes
  • Pour l’Education :
    • Pourcentage d’alphabétisés
    • Pourcentage de diplômés par niveau :
      • Niveau primaire
      • Niveau secondaire
      • Niveau universitaire
    • Parallèlement à l’enseignement général, pourcentage dans l’enseignement technique et pratique, dans les domaines suivants (pour la formation d’ouvriers qualifiés) :
      • Mécanique
      • Conduite automobile
      • Maçonnerie
      • Menuiserie
      • Chaudronnerie
      • Bijouterie
      • Cordonnerie
      • Tissage
      • Agriculture
      • Elevage
      • Pêche
      • Conservation alimentaire
      • Electricité
      • Formation élémentaire aux métiers de mines
      • Hydraulique pour creuser des forages
      • Etc…

Note : Cette formation doit débuter avec les enfants en bas âge, avec un suivi jusqu’à l’âge adulte. Dans le contexte actuel, il s’avère tout de même nécessaire de procéder à des rattrapages, en érigeant des centres de formation dans les banlieues pour les adultes, tout en leur garantissant un emploi et en leur faisant savoir qu’il s’agit d’une voie indispensable.

  • Pour la santé
    • Pourcentage d’infirmiers
    • Pourcentage de sages-femmes
    • Pourcentages de médecins
  • Pour les infrastructures de base :
    • Pourcentage d’accès à l’eau potable
    • Pourcentage d’accès à l’eau de travail
    • Pourcentage d’accès à l’électricité
    • Pourcentage d’accès au téléphone, et aujourd’hui à l’internet
    • Pourcentage d’accès aux moyens de transport

Note importante : On ne doit surtout pas oublier qu’un service public ne saurait être commercial. Il constitue un outil indispensable dont doit bénéficier tout membre de la population. C’est un levier de développement. C’est la raison pour laquelle il est servi au moindre coût à défaut d’être gratuit. La marge bénéficiaire doit être reversée à la population ou au Trésor public. Ceux qui sont choisis pour le gérer doivent être bien formés dans ce sens. En particulier, c’est une grosse erreur que de le privatiser, et de le coter en bourse pour des actions à valoriser au maximum par des surenchères. Un service public doit être géré avec beaucoup de patriotisme et de savoir-faire.

Il convient enfin de noter qu’un financement sera certes nécessaire, et que pour ce faire, l’Union Africaine devrait se doter d’une banque qui devrait lui être propre.

On mesurera alors les performances ainsi que le degré d’avancement des ouvrages engagés dans un pays, par rapport au prêt reçu.

Il convient alors de noter une autre chose très importante : il s’agit de savoir qu’une compétence avérée, et non tout simplement politique, est nécessaire. Cette compétence doit exister au sein des entreprises  de travaux du pays, mais également au sein des Ingénieurs-conseils. Il est absolument important de savoir que le métier d’Ingénieur-conseil est indispensable pour le développement d’un pays. C’est le métier qui permet :

  • Lebon suivi des travaux des entreprises,
  • La bonne réalisation du chier des charges
  • La bonne réalisation des dossiers d’appel d’offres et le dépouillement
  • La bonne passation des Marchés
  • La bonne discussion des Marchés pour la défense des intérêts du pays. On notera surtout que la discussion d’un Marché ou Contrat est un métier qui demande beaucoup d’expérience, de sérieux et de savoir faire.
  • La bonne planification des travaux ainsi que le bon suivi des chantiers
  • Le bon suivi de la facturation
  • Le bon suivi de la réception aussi bien en usine que sur site

C’est un métier qui ne saurait souffrir d’une formation au rabais, et qui demande beaucoup d’expérience et de sérieux pour éviter les projets mal exécutés, ou exécutés avec beaucoup de retard. L’Afrique doit se doter d’ingénieurs –conseils expérimentés pour un développement effectif.

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