A propos de nos investissements

Le développement économique s’accompagne toujours d’avantages et d’inconvénients. Si l’on élimine les inconvénients et les industries productrices en même temps, on aura fait un pas en avant et un pas en arrière.

On pourrait se souvenir de ces pensées philosophiques qui disaient :

  • qu’« il dépend de nous d’humaniser la technique».
  • qu’« à toute invention nouvelle, devront correspondre des dispositions nouvelles».

Il convient donc de savoir allier les avantages et les inconvénients, ces derniers devant susciter d’ailleurs plus de développement. C’est ainsi que quand on a créé l’automobile, on a ensuite créé des routes. Les inconvénients qui en ont découlé ont entraîné la création du code de la route pour que le système soit mieux structuré. Ce code doit toujours être surveillé et adapté aux infrastructures nouvelles.

Ceci pour dire qu’à propos des sachets en plastique, il ne s’agit pas de les éliminer et avec, les industries qui les ont suscités. Il s’agit de créer un code de conduite devant mener à la réduction de leur effet nocif. C’est ainsi que des stations de traitement des ordures ménagères étaient envisagées depuis environ une trentaine d’années. Il convient enfin qu’elles voient le jour. Il convient aussi que les Collectivités locales qui doivent les mettre en œuvre ne soient  pas trompées par ceux qui leur font croire qu’il s’agit de « l’or dur », comme si elles devaient générer systématiquement des marges bénéficiaires faramineuses.

Mais non,  il s’agit de savoir que c’est un accompagnement nécessaire, au développement général de l’économie.

Mieux, ces types d’accompagnements doivent même des fois être subventionnés. Il est impératif de savoir qu’un service public n’a pas pour vocation d’être systématiquement bénéficiaire par lui-même. Son éventuelle marge bénéficiaire doit être réinjectée pour étendre et améliorer son service propre ou à la limite d’autres services publics, ou même aider des secteurs privés du pays.

Sa rentabilité doit apparaître dans l’évolution et le développement du service privé.

Le service public est tout simplement nécessaire et indispensable. Il constitue cependant un bien commun, que personne n’a le droit de s’approprier pour s’enrichir individuellement. Ce serait immoral.

Il doit toutefois être géré efficacement au moindre coût par des mains patriotiques.

Il englobe ce que l’on appelle les facteurs de production destinés à soutenir le secteur privé.

Il faut noter aussi que parmi ces facteurs de production figurent ce que tout le monde connaît en général, comme la santé, l’éducation, mais aussi l’eau, l’électricité, le téléphone, la poste, le transport de masse, et également certaines banques, lesquelles ne doivent pas être toutes privées. C’est pourquoi la BNDS (Banque Nationale de Développement du Sénégal) a existé, bien qu’elle n’ait pas joué complètement son rôle, (par méconnaissance peut-être).

Mais l’on ne doit pas oublier que l’assainissement figure aussi en bonne place dans ce service public.

La cohérence économique doit être bâtie sur une bonne solidarité entre le service public et le service privé.

Si ce service public est bien organisé, le secteur privé doit s’en trouver mieux équipé, pour se revigorer, en jouissant de ces infrastructures de base, dont il devrait sentir les effets. Mais en retour, ce secteur privé doit rendre la monnaie en constituant une nourrice pour le secteur public, qu’il doit alimenter par ses contributions propres, suite à l’augmentation de ses capacités qui devraient s’en ressentir en volume et par effet d’échelle. Ses impôts, ainsi que ceux de ses salariés devraient croitre en nombre et aussi par suite de bonnes performances, pour participer à l’accroissement des recettes de l’Etat.

C’est comme cela qu’on doit sentir la rentabilité d’un investissement public. C’est cela l’effet de levier économique.

Il convient donc de mesurer l’évolution du PIB (Produit Intérieur Brut), en fonction des ces investissements publics. Il est primordial de savoir que le PIB doit essentiellement être porté par le secteur privé. Il est aussi important de savoir que le secteur public est plutôt un consommateur de ressources.

C’est la raison pour laquelle, il est important de surveiller l’indicateur provenant de la division du PIB du secteur privé par le PIB du secteur public.

(PIB du secteur privé/PIB du secteur public)

Ce rapport doit être le plus élevé possible.

C’est ce schéma de fonctionnement logique qui sied le mieux pour le développement de l’économie d’un pays.

Il s’agit maintenant de bien étudier la façon dont ce secteur privé va alimenter efficacement les recettes de l’Etat.

C’est une question fastidieuse qui mérite beaucoup d’attention. Il est évident cependant qu’il s’agit de veiller à l’amplification de entrepreneuriat qui doit être abondant, et non à son découragement, en lui facilitant l’accès à ce service public. En particulier entrepreneuriat des jeunes doit être couvé pour grandir et proliférer et non être étouffé. Il s’agit de l’encadrer et de le conseiller à bon escient, en évitant de l’agresser par des taxes et pénalités cachées. Ceci passant toutefois par le choix des fonctionnaires de l’Etat, chargés de cette administration, par leur intégrité doublée de leur compétence avérée, dans le fonctionnement de l’économie. Les points de découragement peuvent être le coût des facteurs de production ainsi que le comportement de ces hommes, surtout quand ils sont obnubilés par l’appât du gain individuel propre, au lieu d’être des conseillers pour le développement économique du pays.

On pourrait constater que l’économie du pays était bien structurée, juste après les indépendances, mais hélas des erreurs sont apparues dans sa compréhension, ce qui a entraîné leur aliénation.

Ces genres d’erreurs de stratégie font partie de ce qui entrave le développement en Afrique, à savoir une maîtrise insuffisante des cohérences dans les stratégies économiques à prendre, ceci pouvant entraîner beaucoup de recommencements.

Il convient de savoir aussi que le FMI et la Banque mondiale, ne sont pas à l’abri d’erreurs, bien que considérés comme de grands experts pour le développement économique des pays qu’ils financent.

En effet, loin d’être des experts pour le développement économique des pays africains, ils sont plutôt des experts pour le respect des procédures de décaissement et de remboursement des fonds qu’ils prêtent. Le comble est qu’ils exigent le paiement forcé de ce qui leur est du, même si la population va être dans des difficultés, quittes à imposer des mesures qui bouleversent la stratégie économique en place.

C’est ainsi que dans les années 80, ils ont recommandé un ajustement structurel ayant conduit à une élimination de l’entretien des routes. Or, cela nous a coûté une dégradation de nos routes, avec ensuite plusieurs investissements éphémères dans leur reconstruction, alourdissant ainsi la dette qui n’a pas manqué d’augmenter. Le surenchérissement de la construction de nos routes est aujourd’hui ahurissant.

Il appartient plutôt au pays bénéficiaire d’être expert pour le meilleur choix de son investissement, ainsi que pour la meilleure stratégie lui permettant de bénéficier au maximum des retombées du prêt consenti.

Il est plus que temps de réfléchir par nous-mêmes et pour nous-mêmes, comme le disait le président Senghor.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*