Devrait-on continuer à faire des investissements infructueux ?

Avec tout ce que l’on a dépensé sur cette route dénommé Tally Ndiaga Mbaye que les eaux stagnantes avaient détériorée, voilà qu’à peine mise en service, (depuis le mois de mai dernier), elle sert de rétention aux eaux de pluies, en ce mois d’août 2015.

Route réalisée en mai 2015.
Route réalisée en mai 2015.

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Route mal assainie, méconnaissable en août 2015.
Route mal assainie,  réalisée en mai 2015 et méconnaissable en août 2015.

Si nos investissements sont réalisés avec autant d’inattention, pourrions nous nous débarrasser de notre dette publique déjà lourde avec entre autres :

  • les augmentations de prix pour le remboursement
  • le fait d’investir sans jouir des bienfaits de l’ouvrage réalisé
  • l’obligation de faire usage d’infrastructures de qualité médiocre
  • l’augmentation des dépenses publiques (on est obligé de faire usage de pompe, main d’œuvre, et gasoil, en plus de la dette à rembourser, pour pouvoir utiliser la route dont la durée de vie est amoindrie)
  • les lamentations continuelles devant d’autres qui les gaspillent en leur profit ?
  • …  ?
  • Les problèmes liés à la bonne gouvernance sont-ils passés par là ?
  • Doit-on continuer à laisser augmenter notre dette pour que les ressources correspondantes soient gaspillées de la sorte ?

Pour une solution face aux inondations dans la banlieue de Dakar

Dakar Presqu’île
Dakar Presqu’île
Ces tâches noires concernent des zones inondables de la Banlieue de Dakar : Diamagueune, Sicap Mbao, Guédiawaye, Pikine etc. . (Cliquer pour une vue plus large)
Ces tâches noires concernent des zones inondables de la Banlieue de Dakar : Diamagueune, Sicap Mbao, Guédiawaye, Pikine etc. . (Cliquer pour une vue plus large)

Ces vues de Google Earth concernent la banlieue de Dakar.

Ces tâches sombres qu’on peut y voir et dont certaines sont délimitées en bleu sont des zones inondables. Malheureusement, elles font l’objet d’une habitation non adaptée dans ces lieux. Ce qui fait d’ailleurs l’actualité après chaque forte pluie, eu égard aux désagréments constatés en ces moments difficiles. Il convient d’étudier ce phénomène pour une solution adaptée.

Une vue rapprochée risque de donner une image du type ci-dessous, c’est-à-dire des maisons complètement dans l’eau.

Habitations en plein dans la zone d'eau.
Habitations en plein dans la zone d’eau.

Cette vue datant du 1er juillet 2015, il pourrait être demandé à Google Earth de réactualiser ces images après ces fortes pluies qui n’ont débuté cette année à Dakar que vers le 26 juillet, pour une meilleure visibilité.

Pourtant, bien que nombreuses, ces zones  d’eau peuvent faire l’objet de zones d’habitation assez prisées. En effet de pareilles zones existent ailleurs, mais en ayant fait l’objet d’études et de réflexion pour donner lieu à une habitation plutôt très appréciée.

Lotissement dans des zones d'eau faisant penser à des arabesques.
Lotissement dans des zones d’eau faisant penser à des arabesques.

En effet, ces points noirs que l’on peut voir sur cette image (ci-contre) de Google earth concernent des zones d’eau, côtoyant harmonieusement des zones d’habitation, en Amérique du Nord. Une étude minutieuse a mis en synergie ces zones d’eau et le type de lotissement retenu, donnant lieu à une belle vue qui de loin fait penser à des arabesques.

Cependant, une  vue de près montre un type de lotissement insoupçonné, dans un environnement plutôt agréable à la vue, qui pourtant, pourrait bien s’adapter aux zones inondables de Diamagueune, Sicap Mbao, Guédiawaye, Pikine et autres.

Un lotissement alliant agréablement les zones d'eau et les habitations. (Cliquer pour une vue plus large)
Un lotissement alliant agréablement les zones d’eau et les habitations. (Cliquer pour une vue plus large)

Il faudrait en tirer que ces zones inondables pourraient donc donner lieu à beaucoup de belles configurations que l’on pourrait enrichir par l’imagination de nos architectes, ces derniers devant avoir le devoir de les faire proliférer, en vue de la plus adaptée pour chaque contexte.

Ces images ci-dessous concernent des vues encore plus proches, signifiant ainsi que des lotissements prestigieux pourraient être érigés dans de telles zones.

L'imagination pourrait en donner des exemples. (Cliquer)
L’imagination pourrait en donner des exemples. (Cliquer)
Exemple de lotissement plutôt de prestige.
Exemple de lotissement plutôt de prestige. (Cliquer)

Par ailleurs, il convient de noter que le phénomène de l’inondation est le résultat de fortes pluies qui donnent lieu à des mares, lesquelles peuvent dépasser leur capacité de rétention et déborder.

Naturellement, ces débordements vont souvent donner lieu à un déplacement des eaux vers un point de réception qui est généralement une mare de plus grande capacité, ou la mer. Tel a été le processus au niveau de ces zones de Dakar, où les eaux finissaient leur course par la mer, généralement vers la côte Sud (Hann, Thiaroye etc..). L’on peut voir d’ailleurs que les infrastructures routières et ferroviaires de l’époque les laissaient suivre leur chemin librement par de petits ponts.

Il reste entendu que même en cas de sécheresse, les zones d’eau doivent être déclarées « NON AEDIFICANDI ». Aucune habitation ne devrait y être édifiée.  Les autorités du pays chargées de ces dispositions doivent y veiller, et savoir que cela fait partie de leurs obligations.

Mais voilà que les constructions faites par la suite ont manqué de suivi par les autorités compétentes, et certains parcours de ces eaux ont tout simplement été obstrués. Dès lors, les mares asphyxiées ne pourront que gonfler.

Ce qui est d’ailleurs paradoxale, c’est que la construction de certaines routes n’a pas reconduit les anciens ponts trouvés sur place, empêchant de ce fait la libre circulation de ces eaux. En d’autres endroits, on a laissé des habitations s’ériger dans des lits asséchés, que les anciennes mares occupantes n’avaient pas définitivement abandonnés.

De ce fait, il convient de raser toutes les constructions se trouvant dans des points bas, et d’y ériger des bassins.

Chaque bassin sera bordé d’arbres palmiers dattiers ou cocotiers, et de voies de circulation piétonne. Une surveillance de la propreté sera de rigueur avec nos municipalités qui devront y mettre des gardiens à demeure.

Habitation en immeuble à étage.
Habitation en immeuble à étage en bordure du bassin. (Cliquer) (Vue de Google Earth en street view)
Bel environnement : Eau, Habitations et Espaces verts.
Bel environnement : Eau, Habitations et Espaces verts. (Cliquer) (Vue de Google earth en Street View)

Les nouvelles constructions pourront être des maisons basses, mais surtout des immeubles à étages qui pourront entourer le point d’eau, en respectant une certaine distance, et abriter le maximum d’usagers. Les déguerpis pourront loger provisoirement ailleurs et revenir pour habiter dans ces immeubles.

Habitations disciplinées autour d'un oasis (Huacachina au Pérou (Vue Google Earth)).
Habitations disciplinées autour d’un oasis (Huacachina au Pérou (Vue Google Earth)).

On peut également s’inspirer de zones d’habitation type oasis qui sont nombreuses en zone arabique et en Amérique du Sud, pour égayer le système comme ci-dessous (Image google earth de l’Oasis Huacachina au Pérou).

Des possibilités de configuration sont données sur cette vue  et pourraient faire l’objet de concours architecturales chez les élèves et professionnels de ce secteur.

Exemple de projet à envisager au niveau des zones inondables. (Cliquer pour une vue plus large)
Exemple de projet à envisager au niveau des zones inondables. (Cliquer pour une vue plus large)

Avec tout cela, il convient de ne pas répéter les erreurs du passé qui doivent servir de leçon.

C’est la raison pour laquelle, un système de dégagement des eaux doit être prévu pour viser un déversement vers la mer, quand les niveaux de débordement risqueront d’être atteints.

Une canalisation devra alors lier ces bassins entre eux de façon à réglementer leur déversement pour un aboutissement final vers la mer.

On pourra noter que la mise en œuvre  d’un tel travail pourrait certainement être une source d’emplois pour les jeunes.

Qu’en est-il des récents travaux de réfection de route à Cambérène “Tally Ndiaga Mbaye” ? Ont-ils donné satisfaction ?

Stagnation dès la première pluie du 26 juillet 2015.
Stagnation dès la première pluie du 26 juillet 2015.

Ces travaux concernaient une route réalisée une première fois au début des années  2000.

Ayant ensuite atteint un degré de dégradation lamentable, voilà que cette route a été réfectionnée tout récemment et mise en service avant le 135ème Appel du 19 mai 2015.

On s’est certainement appesanti sur les causes de dégradation rapide de cette route. Raison pour laquelle, on aurait réalisé au préalable des travaux d’assainissement, avec des grilles devant permettre l’évacuation des eaux pluviales.

Les grilles seraient-elles placées au bon endroit ? Seraient-elles suffisantes ?
Les grilles seraient-elles placées au bon endroit ?
Seraient-elles suffisantes ?

Mais voilà que dans l’ensemble, l’objectif semblerait non atteint.

En effet, faire une route pour qu’elle se comporte en rétention pour les eaux de pluie, serait-ce du bon travail ? La route, va-t-elle survivre dans ce contexte ?

 

A qui la faute ?

  • A l’ONAS ?
  • A l’Entrepreneur qui a réalisé la route ?
  • Au Maître d’œuvre chargé des études et du suivi de réalisation ?
  • Au Maître de l’Ouvrage qui n’a encore rien dit à la population du quartier ?

Il convient que ces acteurs fassent preuve de plus de responsabilité et d’imagination pour cesser de faire des investissements de mauvaise qualité et les laisser ensuite se dégrader sans autre forme de procès.

Ils doivent être conscients que c’est du gâchis pour des fonds empruntés (ou non) et qui doivent être remboursés par une population innocente et exténuée, ou qui auraient déjà fait l’objet d’un dur labeur par cette dernière.

Si c’est cela qui s’est toujours produit avec toutes les dettes contractées, pesant lourdement sur le dos de la population, et dont on n’arrive pas encore à se débarrasser, de quoi aurions-nous l’air ?

A quand la fin de ce manque de responsabilité, de conscience ?

Dans tout cela, n’y aurait-il  pas quelque peu un manque de compétence ?

La route, à peine réalisée, voilà que l'eau stagne, après cette première pluie du 26 juillet 2015. Même si cela semble être un plaisir pour les enfants, il est plus que temps d'y remédier.
La route, à peine réalisée, voilà que l’eau stagne, après cette première pluie du 26 juillet 2015. Même si cela semble être un plaisir pour les enfants, il est plus que temps d’y remédier.