Les Assurances pour automobiles, ne devraient-elles pas s’impliquer dans la sécurité routière ?

Les assurances pour automobiles sont obligatoires.

Pourquoi ?

En effet, les risques d’accident sont toujours là. Dans un tel contexte où quelqu’un peut faire subir à un autre un préjudice, il serait souhaitable qu’il puisse y avoir réparation.

Compte tenu de tout cela, un système d’assurance pour automobiles, qui s’engage pour permettre à chacun de pouvoir répondre à une telle situation, est naturellement bienvenu.

Comment fonctionne l’assurance ?

Eh bien, une assurance fonctionne avec la cotisation des clients tout simplement. Ceux-ci y déposent à priori, périodiquement des sommes qui forment une masse d’argent à partir de laquelle, les agents de cette assurance puiseront leurs frais de fonctionnement, mais également une réserve pour aléas, utilisable en cas de sinistre survenant auprès d’un client, en tablant sur le fait que la probabilité correspondante sera faible.

Compte tenu de cela, les assurances devraient beaucoup faire preuve de diligence, pour réparer les sinistres des clients concernés. Cependant, il est difficile d’être satisfait quand on est confronté à un pareil cas. Il est donc temps que ces assurances revoient leur stratégie pour mieux répondre aux besoins pour lesquels on a institué leur existence, en rendant obligatoire une souscription à leurs prestations.

Ce caractère obligatoire, qui fait qu’on cherche à ne pas avoir affaire aux agents de police ou de gendarmerie chargé du contrôle de la circulation routière, ne devrait guère constituer une source d’argent facile. Et ceci est renforcé par le fait que quand on quitte une assurance sans y avoir commis un quelconque sinistre, on le fait les mains vides, sans aucune ristourne, si ce n’est une baisse de cotisation appelée bonus, sans importance significative, et dont on peut bénéficier, à l’état de client actif.

Il serait donc bon que ces assurances sachent qu’elles ont des obligations assez nombreuses que beaucoup ignorent, mais qui sont effectives. Il conviendrait qu’elles s’acquittent d’un devoir d’intervention donnant satisfaction à leurs clients, pour mériter qu’on leur confie des sommes d’argent importantes. Par ailleurs, au lieu de se contenter d’arguments pour payer le moins possible en cas de sinistre, ne feraient-elles pas mieux de s’investir pour qu’il y ait le moins de sinistres possibles.

En effet, il serait tout à fait normal qu’un cabinet d’assurance se lève pour alerter les autorités étatiques sur une dégradation de la route pouvant entraîner un accident, ou sur une mauvaise signalisation routière. Mieux, une assurance pourrait même aller jusqu’à proposer des signalisations routières dans un endroit jugé opportun, et donner son avis sur la qualité de la sécurité routière, que ce soit sur une route en projet, ou une route existante.

Peut être que si ce rôle était joué, on verrait moins de routes dégradées, et moins d’accidents.

Il conviendrait donc qu’elles fassent preuve de compréhension et par conséquent de diligence.

En effet, elles ne devraient pas ignorer que le rôle d’assurance peut être joué par les automobilistes eux-mêmes, qui peuvent s’organiser en mutuelle pour disposer d’une réserve leur permettant de s’acquitter de cette tâche.

Dans ce cas, s’il n’y a pas de sinistre, leur réserve s’enrichit et reste leur propriété. Ils peuvent, à la longue, se doter d’un capital suffisant pour leur permettre :

  • De disposer de garages pour les dégâts matériels
  • D’hôpitaux pour les soins nécessaires aux accidentés
  • De moyens d’intervention rapides en cas d’accident, comme des ambulances héliportées et autres.

Ils pourront ainsi s’organiser pour être en relation avec la météo pour alerter sur les routes pouvant être source de danger, et saisir les autorités étatiques en cas de besoin.

Une assurance doit vraisemblablement veiller sur la sécurité de ses abonnés avant, pendant et après un éventuel sinistre.

 

A propos de la TVA : jouerait-elle vraiment son rôle de levier économique ?

La TVA serait-elle mal connue ?

Beaucoup d’Etats l’utilisent pour remplir autant que possible les caisses du Trésor, comme faisant feu de tout bois, surtout les états africains, alors que ce rôle n’est pas vraiment exclusivement celui de la TVA.

Cette taxe est destinée à veiller sur une bonne structure de l’économie.

D’ailleurs, même les droits de douane ont le même rôle.

La TVA est la Taxe sur la Valeur Ajoutée.

Qu’est-ce qu’une valeur ajoutée ?

Eh bien si l’on prend l’exemple du menuisier qui achète un tronc d’arbre chez le bûcheron, l’équarrie, et fabrique avec une table , on peut dire qu’il lui a donné une valeur qui augmente son coût. (Bien entendu, il faut tenir compte de la préservation de la forêt en plantant). En s’enrichissant de cette valeur ajoutée, ce menuisier a en même temps enrichi le pays. Il a introduit une valeur ajoutée dans le pays. En réalité, il a fait de la croissance et a augmenté le PIB du pays. Si l’on estime cette valeur monétairement, le pays a alors le droit d’augmenter sa masse monétaire d’un montant égal, sans inflation, ceci étant valable tant que la table existera.

Par contre, le commerçant qui achète une table importée, pour la revendre en l’état dans le pays, ne lui a pas donné de valeur. Il n’a pas augmenté la valeur ajoutée du pays.

L’on peut constater d’ailleurs que ce menuisier s’est donné du travail, et en a également créé pour le commerçant qui va vendre la table, sans compter ceux qui l’on aidé à la fabriquer.

Si beaucoup de gens faisaient comme lui dans d’autres domaines comme l’agriculture, la pêche, l’élevage, et les mines, il y aurait une vraie croissance dans le pays et beaucoup d’emplois.

C’est la raison pour laquelle, pour encourager cette croissance, la TVA va constituer un outil précieux.

La table de ce menuisier fera l’objet d’une TVA nulle ou presque. Tandis que la table de ce commerçant va faire l’objet d’une TVA à un taux élevé, assez dissuasif pour le pousser à étendre ses activités dans la création de valeur ajoutée.  Une stratification des taux sera faite entre les extrêmes.

Cette TVA doit ainsi  jouer un rôle de levier, cherchant à amener la population à créer de la valeur ajoutée, et par conséquent des emplois dans le pays. En effet, ceci constitue un moyen beaucoup plus pragmatique pour pousser les gens à entreprendre, et donc lutter réellement contre le chômage.

Ceci doit être bien compris, avec une bonne information de la population, de façon à tendre vers une économie du pays bien structurée. Dès lors, les activités pourraient se développer d’une manière harmonieuse et converger vers une vraie croissance du PIB.

On comprend alors mal le fait que certains pays africains aillent jusqu’à uniformiser cette TVA, dans toute une communauté, en appliquant un taux quasi unique, sans distinction, sur tous les produits.

Celui qui crée de la valeur ajoutée, devrait-il être apprécié de la même façon que celui qui n’en crée pas ?

Cette TVA aurait-elle alors un sens ? Pourrait-elle alors jouer le rôle de levier qui lui est dévolu ?

Quant aux droits de douane, ils jouent le même rôle en essayant de dissuader ceux qui se contentent d’importer des produits finis de l’étranger, et en favorisant ceux qui augmentent la production interne du pays par la fabrication et l’exportation, ce qui devrait favoriser une balance des paiements évoluant positivement.

Les caisses du Trésor seraient alors durablement et solidement mieux remplies, car les activités internes vont pouvoir grossir harmonieusement, dans une bonne solidarité économique, et de ce fait, enrichir aussi bien l’Etat que la population, qui aura suffisamment de revenus pour payer ensuite l’impôt. Car il convient de savoir que c’est la population qui alimente l’Etat. Dès que la population s’appauvrit, l’Etat risque de faire également pareil, ce qui pourrait pousser ce dernier à dépendre forcément de l’extérieur, avec des dettes pénibles, dans une spirale dont il sera difficile de se départir.

Autant donc penser à bâtir une économie bien structurée, avec une TVA qui joue un vrai rôle de levier, pour la création de valeur ajoutée et d’emplois.

A propos de « Bonne Gouvernance » : Un brin de solution avec des prix de référence affichés en ligne dans le réseau internet

Parmi les obstacles au développement de l’Afrique, il y a certainement les facteurs de production, qui sont chers et mal réglés comme l’électricité, l’eau, le carburant pour le transport, le téléphone et l’Internet, encore à l’état de luxe et insuffisants, ainsi que les taxes, souvent sources de harcèlement pour les entreprises naissantes. Ces facteurs de production ne jouent pas vraiment leur rôle de puissant levier pour le développement.

Mais on cite souvent aussi, le problème de la « bonne gouvernance », ou du manque d’intégrité dans la gestion de l’intérêt général.

Or, cette gestion incombe à celui-là qu’on qualifie d’homme d’état, et qui est réputé défendre l’intérêt général.

Pourtant, il est tout simplement évident que, dès que ce dernier faillit à cette mission, il perd de facto son statut, en en étant conscient, même s’il continue à prétendre le détenir. D’ailleurs, dès que la population commence à être au courant, la concrétisation va de pair.

Néanmoins, cela pouvant être inaperçu, il peut continuer à bénéficier d’une confiance non avertie, lui permettant de mener son pays, et en particulier sa population, à la ruine.

Ceci constitue un facteur bloquant le développement tant recherché en Afrique, continent, à priori, supposé être le plus riche du monde actuellement.

Et avec tout cela, c’est cet homme d’état, qui est censé empêcher l’installation de ce problème de « bonne gouvernance », dans la gestion des affaires étatiques.

Il convient donc, dans les institutions de base du pays, qu’en tant qu’humain, il soit conscient de ses insuffisances, et en particulier de son manque de maîtrise sur ses instincts égoïstes, pour se rendre compte que ce problème se pose certainement, du fait d’un manque de clarté, dans certaines phases de la gestion de l’intérêt général.

Car, s’approprier une richesse indue, ne saurait se faire au grand jour, au vu et sus de tous.

Comme on est censé être dans une république, dont le sens étymologique voudrait que tout se passe dans la clarté, il conviendrait que l’on essaye de faire en sorte que la gestion des deniers publics réponde à cette philosophie.

Et en fait, les incommodités de ce problème s’opèrent généralement sur des aspects financiers, donc de coûts d’investissement, pouvant être aliénés lors de leur évaluation, ou au cours de leur réalisation. La différence entre le coût effectif de réalisation et le coût annoncé, pourrait alors atterrir, d’une manière indue, dans une destination illégitime. Ceci porte souvent préjudice à la qualité de réalisation, et au progrès attendu par la population qui, non seulement risque de ne pas jouir de l’infrastructure comme il se doit, mais encore, sera obligée de supporter son remboursement et en particulier, le poids du service de la dette correspondante, s’il s’agit d’un emprunt.

Quand on se rend compte que c’est très difficile de retrouver, après coup, les traces d’une malversation bien ourdie, ne serait-il pas plus opportun de prendre les devants, et d’agir en amont, en faisant en sorte que cela ne puisse se produire ?

C’est la raison pour la quelle, il serait bon d’établir des coûts de référence, couvrant l’ensemble des domaines d’investissement touchant notre développement, et de les mettre en ligne, dans le réseau de l’Internet, à la portée de tous. On pourrait toutefois, prendre en compte, une marge d’un certain pourcentage (par exemple 30%), également connue du public, pour constituer des prix plafonds en dessous desquels, les soumissionnaires devraient se mettre en compétition. Toute proposition de prix au dessus du plafond est alors éliminée.

Des experts devraient alors se réunir, pour définir, pour chaque projet, le coût relatif à l’unité d’évaluation.

Il reste entendu, qu’une contradiction pourra leur être apportée par d’autres experts, citoyens libres et indépendants, avec toutefois des justificatifs sérieux.

Dès lors, on pourrait connaître ainsi le prix acceptable d’un kilomètre de route en terrain normal, ou difficile, eu égard à une certaine épaisseur de réalisation et de qualité du matériel. Sur ce plan, il convient de préciser que devant une quelconque solution jugée exceptionnelle, devant doubler les prix de base habituels, le projet devrait tout simplement être abandonné au profit d’une autre alternative.

Il en serait de même pour les lignes électriques, les réseaux d’eau et d’assainissement, canaux, chemins de fer, ainsi que pour les complexes, dont une distinction sera faite pour les surfaces bâties, espaces verts, etc. …

Ainsi, pour chaque projet, le coût, après réalisation, pourrait être comparé au coût de référence. D’ailleurs, tout projet devrait faire l’objet d’un dossier des ouvrages exécutés (DOE) qui sera mis en ligne, dans le réseau de l’internet, et dans lequel on devrait retrouver tout l’historique correspondant, à savoir :

  • L’avant projet
  • Le dossier d’appel d’offres
  • Le dossier d’analyse des offres
  • Le Marché
  • Les copies des PV (Procès Verbaux) de réception des différents ouvrages
  • Les copies des factures payées.

Tout homme d’état doit veiller à ce que son pays et sa population soient dotés d’infrastructures de qualité, au moindre coût, et dans les délais requis, en s’acquittant de sa mission de surveillance et de contrôle.

Cette mission de surveillance et de contrôle des coûts, qualité et délais des investissements concernant le développement, directement ou indirectement (par le biais d’experts), pour le bien de toute la population, doit constituer une caractéristique fondamentale de l’homme d’état.

Tout responsable, qui aura failli à sa mission, devra apporter des justificatifs acceptables sous peine de perte de son statut. En particulier, il ne devrait plus mériter la confiance de la population, et ne devrait plus se voir confier la gestion d’un projet d’utilité publique pendant un certain temps, sans préjudice des autres sanctions pouvant s’y greffer, eu égard à la gravité de la faute.

Peut être que cela serait plus transparent, et pourrait constituer le début d’une véritable rupture avec les pratiques favorisant le manque d’intégrité dans la gestion de l’intérêt général.

A propos d’Ajustement structurel

On a souvent tendance à croire en la magie, et à fonctionner suivant ses principes, au point que, quand un organisme comme le FMI dit qu’il faut mettre un pays sous ajustement structurel, on se résigne à subir un châtiment tout simplement, espérant que, par effet extraordinaire, il pourrait y avoir un retournement de la situation, ou que d’une manière ou d’une autre, il y aurait une fin à cela un jour.

Autrement dit, on ne cherche pas souvent  à savoir véritablement pourquoi on en est arrivé là.

On cherche alors à se comporter comme un bon élève, en essayant de se conformer strictement aux exigences du FMI, espérant que l’une de ses visites périodiques ou aléatoires pourrait coïncider, comme par enchantement, avec une sortie de crise.

Un élève est quelqu’un qui apprend à mémoriser ce qu’on lui dit, et qui le récite quand on le lui demande.

Un étudiant est appelé à maîtriser les tenants et aboutissants de ce qu’il a appris, et devrait non seulement pouvoir en reproduire le processus tout seul, mais devrait même le réussir dans un domaine similaire.

Or au stade d’un pays, une maîtrise suffisamment responsable des problèmes par des cadres expérimentés est requise, avec leur analyse sur tous les angles, en vue d’une solution permettant concrètement d’atteindre des objectifs bien définis, avec une planification assez claire.

Par conséquent, il ne s’agit pas de se comporter en bon élève devant les experts du FMI, ce qui traduirait un manque de maîtrise sur les mécanismes devant conduire un pays au développement, un pays dans lequel, résideraient beaucoup d’économistes diplômés.

Il convient tout simplement de noter qu’un ajustement structurel devrait traduire une bonne structuration de l’économie, de telle sorte que quand la population travaille normalement, la croissance apparaisse de facto.

L’on pourrait donc comprendre qu’il serait utopique de croire qu’on va parvenir à un tel objectif, en essayant de se conformer strictement aux recommandations du FMI, sans une parfaite maîtrise de la situation économique.

En effet, pour sortir d’une telle situation, ce serait vraisemblablement avec ses propres stratégies, eu égard à une bonne connaissance de l’objectif à atteindre ainsi que des moyens requis, plutôt qu’avec les stratégies du FMI, qui ne connaît pas le pays de fond en comble, et qui, à priori, ne pourrait donner que des grandes lignes. C’est la raison pour laquelle, il est surtout urgent en pareil cas, de décortiquer le problème pour en maîtriser les causes, et de se mettre soi-même sous ajustement structurel, avant le dictat du FMI. Il est surtout bon de savoir que, dans un tel cas, la structure économique du pays n’est pas adaptée, et qu’il convient de procéder aux rectifications nécessaires, pour un redressement de la situation. Cela demande une certaine expertise et non de la politique. Malheureusement, dans un pays dominé par des politiciens, en général non experts, plutôt obsédés par le pouvoir, prêts à payer tous les prix, se comportant en médecins capables de guérir tous les maux, il serait difficile de s’en sortir.

C’est ainsi que certains, parmi eux, vont essayer de se comporter en bon élèves, tandis que d’autres peuvent être amenés à penser qu’il suffit tout simplement de refuser le dictat du FMI pour s’en sortir.

Bien évidemment, il faudrait plus.

Il est surtout convenable pour un pays, quand il doit être mis sous ajustement structurel, de poser son problème, et de le décortiquer pour lui trouver tout seul les solutions idoines. Dans ce cas, le FMI ne fera que prêter l’argent nécessaire ou l’autoriser, car il verra la pertinence des acquis, ainsi que des stratégies, et pourrait alors adhérer. C’est cela d’ailleurs qui permettrait à un tel pays, de faire une critique objective et bien argumentée des solutions du FMI, et de mener sa propre vision.

On peut penser à priori que le FMI a souvent raison, car il prône un cadre permettant au pays emprunteur, de bien utiliser ses fonds et de les faire fructifier, pour ensuite lui rembourser son argent. Par conséquent, il faut interpréter ses exigences comme une alerte, annonçant que, faute de remédier à ses reproches, on risque subséquemment d’aller vers un gaspillage inutile des ressources qu’il aura mises à disposition, et qu’on doit rembourser d’une manière ou d’une autre. Or, qui est –ce qui rembourse ? C’est bien entendu la population qui espérait un soulagement, et qui risque plutôt de souffrir davantage, et pendant un temps lié à l’importance du prêt. Un dirigeant suffisamment humain ne devrait pas s’aventurer à emprunter une telle voie.

On peut penser que c’est ce genre de situation qu’a voulu éviter le FMI, quand il proposait dans les années 80, un ajustement structurel, suite à plusieurs prêts infructueux. Mais de l’autre côté, il était surtout opportun de faire une introspection pour savoir les raisons de l’échec des prêts précédents.

D’abord il est bon de savoir que gérer un prêt des bailleurs de fonds classiques et arriver à un résultat, est très difficile pour un expert avéré, à plus forte raison pour un politicien qui n’a jamais eu affaire à un projet. Un résultat probant sera plus difficile à obtenir si, de surcroît, ce dernier cherche à s’enrichir avec le projet. Or, il s’agit d’un prêt que la population va rembourser plus ou moins aisément en fonction de la réussite du projet, sur les plans qualité et délais. Il est surtout important de garder à l’esprit, que si le projet ne réussit pas, la population remboursera quand même. Ce dernier cas augmente les difficultés d’une population souvent exsangue, à bout de souffle. Donc, il est opportun que tous, on soit conscient du problème, et que l’on pense à accabler, le moins possible, cette population.

C’est la raison pour laquelle, il est impératif de vérifier les points suivants :

  • Est-ce que la situation économique du pays permet un remboursement direct du prêt par lui-même ?
  • Si le prêt est relatif à des infrastructures de base qui ne sont pas capables en général de créer de la richesse, est-ce qu’il existe des activités créatrices de richesses qui pourront bénéficier du prêt et les alimenter sans préjudice à la population, de façon à leur permettre de rembourser leur prêt ?
  • Est-ce que des cadres suffisamment compétents sont disponibles, et désignés pour gérer le prêt ?

Autrement dit, est-ce le cadre économique du pays permet de faire fructifier le prêt concerné pour permettre un bond en avant du pays et procéder à un remboursement sans difficulté pour la population ?

Le Sénégal, comme d’autres pays africains, a contracté beaucoup de prêts qui pèsent encore lourdement sur le dos des populations, sans pour autant que la situation ne s’améliore.

Cela impose une introspection en vue de trouver les vrais raisons de cette situation.

Il convient de noter que l’économie d’un pays se trouve entre les mains d’une part, d’entreprises productrices de richesses et d’autre part, d’entreprises consommatrices de richesses, mais favorisant toutefois la création de richesses.

Quelles sont les entreprises créatrices de richesses ?

Eh bien, il s’agit des entreprises de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche et des mines, ainsi que les industries bâties sur leurs productions, pour leur donner de la valeur ajoutée.

Quelles sont les entreprises consommatrices, favorisant toutefois la création de richesse ?

Cette catégorie est surtout formée par les entreprises gérant les facteurs de production, en particulier les utilités publiques comme la distribution d’énergie électrique, d’hydrocarbures, d’eau, de téléphone, de l’internet aujourd’hui, et autres similaires.

Dans un pays où l’essentiel des ressources est détenu par ces dernières face à celles créatrices de richesses, en général faibles et peu nombreuses, on vit évidemment dans une spirale de non performance. Cela est sans compter le poids de l’Etat qui doit réguler le système et qui, loin de pouvoir créer une quelconque richesse, en est le plus gros consommateur.

La situation devient grave, si ces entreprises d’utilité publique sont de surcroît, détenus par des privés qui thésaurisent les ressources. Cette masse d’argent qui aurait du circuler entre l’Etat et la population, est alors tout simplement immobilisée quelque part. Si c’est à l’extérieur, avec le risque d’y être consommée totalement, cela constitue tout simplement une brèche évoluant inexorablement vers une ruine de la population. Voilà un grand danger de la privatisation des utilités publiques que le FMI ne pourrait voir vraisemblablement.

Dans un tel cadre économique, la croissance ne profite pas à la population.

Il convient donc de redresser la situation avant de se lancer dans de nouveaux prêts qui risquent de lessiver davantage la population.

La situation économique du pays doit être réglée de façon à permettre une vraie croissance, par une réorganisation des facteurs de production, qui doivent intervenir au moindre coût, de sorte qu’ils puissent jouer leur vrai rôle de levier économique, comme évoqué dans un article précédent.

Le FMI ne se préoccupe pas des détails relatifs à cet aspect et ne donne que des grandes lignes. C’est la raison pour laquelle, on l’entendra interdire une subvention d’un secteur comme l’énergie, qui est une utilité publique indispensable, bien que constituant un fardeau pour l’Etat. Bien entendu, cela constitue une préoccupation. Mais le problème devrait être réglé autrement. En effet, non seulement l’Etat a trop de charges à satisfaire, mais il soutire trop de ressources à la population. Il conviendrait qu’il se désengage de certains secteurs, en les laissant se débrouiller tous seuls. Cela semble vrai apparemment, mais il convient de noter aussi que le désengagement n’est pas une formule qui marche à tous les coups. La morphologie de l’économie du Sénégal et des pays africains en général, est bâtie sur une économie solidaire, qui ne saurait exclure la subvention d’un secteur en difficulté.

Et il est évident que l’absence de subvention tend vers une privatisation des secteurs concernés, ce qui ne fait que plonger davantage ces pays dans le gouffre, tout en faisant l’affaire des privés étrangers qui en profiteront pour transférer les ressources d’une population exsangue vers leurs pays. Or, cela est tout simplement inacceptable.

Toutefois, il est souhaitable que la Senelec fonctionne parfaitement sans aucune aide. Il se trouve simplement que le secteur électrique est miné par la fraude et le gaspillage. La Senelec est certainement entrain de travailler sur la fraude, tandis qu’on peut constater l’existence de bureaux de l’Etat où la climatisation et l’éclairage peuvent fonctionner du vendredi au lundi sans interruption. Face à cela, il faudrait mettre en place un système empêchant un tel gaspillage et faire des économies d’énergie. En plus de cela, il est temps que les énergies renouvelables entrent dans les mœurs, surtout quand on sait que le cadre réglementaire est en place depuis 2010. L’énergie solaire doit entrer dans le système avec la possibilité pour les populations de vendre de l’énergie à la Senelec. Ceci est d’autant plus d’actualité qu’il existe déjà dans le pays une infrastructure de montage de panneaux solaires, unique à ce jour en Afrique de l’Ouest, qui devrait contribuer à faciliter cet objectif, mais qui malheureusement semble souffrir d’un défaut de rentabilité, au point d’avoir eu à fermer. Une telle infrastructure doit être appuyée par l’Etat, voire être soutenue par une participation de la population dans son capital.

En finalité, si le cadre économique est propice, l’on pourrait penser que le pays puisse être apte à emprunter utilement.

Mais encore faudrait-il qu’il y ait suffisamment de cadres compétents capables de gérer des projets du FMI ou d’autres bailleurs de fonds.

La gestion de tels fonds demande une équipe expérimentée, patriotique et dynamique, eu égard à toutes les contraintes en jeu, inhérentes à leurs décaissements, et qui vont dans le sens d’enliser les performances en délais et coûts, gage de la rentabilité d’un projet.

Si, dans le cas du Sénégal, les autorités chargées de veiller sur un déroulement clair des marchés publics se focalisent sur une répétition des pratiques des bailleurs de fonds (en demandant à chaque étape un quitus ou avis de non objection), pour chercher la clarté, cette redondance, loin de favoriser une transparence, compromet tout simplement la rentabilité de nos projets en allongeant les délais, sans qu’on se rendre compte que le véritable problème se trouve au niveau des coûts de départ.

Les autorités feraient mieux de s’attaquer au caractère exorbitant des coûts de projet au Sénégal, et qui ne semble pas faire l’objet d’une préoccupation.

La meilleure solution serait que des experts se penchent sur la question et déterminent des prix de référence, au vu et sus de tous, pour une vraie lutte contre la corruption.

Cela dit, il convient de noter que la gestion financière des fonds des bailleurs classiques suit un processus qui demande beaucoup de dynamisme et de compétence.

  • Si un tel prêt est consenti, le pays bénéficiaire est assujetti à ce l’on appelle des frais de gestion. Le montant consenti et non encore décaissé est soumis au taux correspondant jusqu’à son décaissement.
  • Ensuite, tout montant décaissé échappe à ces frais de gestion, mais est soumis au taux d’intérêt, une fois le délai de grâce atteint.
  • Ce taux d’intérêt s’appliquera tant que le remboursement échu ne sera pas honoré.
  • En cas de retard de remboursement, des intérêts de retard s’appliquent en sus, jusqu’au règlement complet de l’échéance concernée.

Il en sera ainsi jusqu’au remboursement complet du prêt.

Ceux qui gèrent ces dispositions sont souvent loin de ceux qui gèrent techniquement le projet sur le terrain et qui, en général n’en ont aucune connaissance.

Il arrive ainsi que l’on mette beaucoup de temps pour le premier décaissement, après que le prêt ait été accordé. Et pendant tout ce temps, les frais de gestion s’abattent sur le montant non décaissé.

Il arrive aussi qu’un projet dure des années, et que le délai de grâce du prêt soit épuisé, alors qu’il est encore loin d’être terminé. Les intérêts s’appliquent alors continuellement sur les échéances non honorées, jusqu’à leur remboursement complet, tandis qu’il ne donne aucune retombée.

Il peut arriver ainsi que les intérêts dépassent le capital. Dans de tels cas, il n’est pas surprenant que l’on bénéficie d’une remise de dette.

Vu une telle situation, il faut avouer que gérer avec succès un projet est particulièrement difficile.

Il faut comprendre aussi, que le fait de mal gérer un prêt, contribue à appauvrir un pays.

Or, combien de prêts ont été mal gérés depuis les indépendances jusqu’à nos jours?

Combien de prêts ont été correctement gérés ?

L’on sait qu’un projet mal géré et qui doit être remboursé risque une augmentation des contributions de la population. Cela se faisant, en général, par une augmentation des prix des denrées indispensables, la population s’appauvrit de facto. Il est évident que la pauvreté que vit actuellement beaucoup de pays africains est liée à cette mauvaise gestion des prêts. Et l’on fait croire à la population qu’on reçoit un prêt parce ce qu’on est crédible. Or, ces prêts font surtout l’affaire des créanciers, qui reçoivent toutes les garanties d’une fructification de leur placement. Quant à la population africaine, elle endure, croyant voir le bout du tunnel un jour. Ceci jusqu’à quand ?

C’est la raison pour laquelle, il vaut mieux procéder d’abord à un assainissement de l’environnement économique, et de contracter éventuellement des prêts de manière progressive, en essayant de bénéficier graduellement d’une certaine expérience, au fur et à mesure, jusqu’à sentir réellement la capacité de s’attaquer à des montants importants.

Apropos de Croissance & Structure économique

On parle souvent de croissance en faisant allusion au PIB (Produit Intérieur Brut), comme s’il suffisait tout simplement de tabler sur un chiffre et d’attendre le résultat, après s’être contenté de quelques actions. D’ailleurs, il conviendrait de donner une signification à cette croissance qui devrait avoir un impact bénéfique pour la population. Ne ferait-on pas mieux de traduire cette croissance par cet impact ?

Or, il y a de ces structures économiques, où la génération d’une croissance profitable à la population ne saurait résulter que d’une utopie, à moins de constituer une simple espérance. Continuer la lecture de Apropos de Croissance & Structure économique